Portugal

15 mars 2002

Aller au portugal

Quand la décision fut prise, le choix d’y aller en voiture s’est imposé parce qu’il représentait une économie importante. Quatre personnes pour se partager les frais valent mieux que quatre billets d’avion et une voiture de location à l’arrivée, surtout qu’il fallait y inclure les frais de parking pour huit jours à l’aéroport de départ. Ce choix impliquait donc de traverser une partie de la France et toute l’Espagne, du Perthus à la frontière Portugaise, à cinq kilomètres de Badajoz, 1621 kilomètres plus loin. Un départ à six heures le samedi nous a permis de nous retrouver le soir même, à vingt heures trente dans une petite chambre d’hôtel aux portes de la ville de Trujillo, ville espagnole située à 150 kilomètres de la frontière. La pluie, le vent, le froid, la brume nous ont accompagnés tout au long de la journée, et notre visite nocturne de Trujillo nous révèle une ville charmante qui mériterait une température plus douce et un crédit d’heures plus important. Ce soir là, l’équipe de football du Réal de Madrid rencontre celle du Barça de Barcelone. Aie aie aie. Il y a de l’hidalgo dans tous les bars et les écrans des télévisions sont tous branchés sur le même film. La plupart des espagnoles se contentent du menton de leurs maris qui eux, ne savent pas trop ce qu’ils mangent ni avec qui ils sont venus.

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17 mars 2002

Matin du deuxième jour

Il ne fait toujours pas beau mais nous décidons de revoir la ville à la lumière. Nous découvrons une grosse bourgade fort sympathique qui a conservé un château fort et des murs d’enceinte en très bel état. On y aperçoit une foule de clochers et de tours où nichent des cigognes. Un champ de fleurs jaunes posé aux pieds du château qui surplombe la ville me donne l’occasion d’une photo. Il y manque le bleu du ciel.
 Mais il faut vite repartir car le programme est chargé.

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    A onze heures, nous quittons l’Espagne, à dix heures, nous entrons au Portugal. Et hop ! Une heure de gagnée sans courir. Vive le décalage horaire. Dans une semaine, ce sera moins drôle. La frontière franchie sans même ralentir (vive l’Europe), notre première étape touristique nous attend avec la visite d’Elvas. Ville fortifiée, elle possède un aqueduc énorme et curieusement réalisé avec des coudes à angle droit. Il est construit sur plusieurs niveaux et enjambe une vallée profonde avant de remonter très loin vers la source qui l’alimente. Mais sur une des places du village nous attendait une macabre découverte. J’en connaissais le nom, l’usage, la formule, mais je n’en avais jamais vu un. Et je peux assurer que ce devait être particulièrement inconfortable, pour ne pas dire mortel, d’être suspendu aux crochets d’un pilori, exposé à la vindicte populaire, pour reprendre l’expression du guide.
    Vila-viçosa est une autre ville fortifiée sur notre route. Nous faisons le tour de ses remparts qui nous offrent de très belles vues sur les rues et les toitures. On aperçoit des églises comme s’il en pleuvait, et il pleut. Ciel gris, nuages bas, mélancolie assurée. La saudade commencerait-elle déjà ? Evoramonte sous la pluie, Estrémoz, on déjeune. Premier repas au Portugal. A conta, se faz favor ! La télévision montre des images d’inondations, de ponts emportés, de voitures englouties. Pendant ce temps là, sur les guides touristiques, les articles nous vantent la beauté des villages aux maisons blanches écrasées de soleil. Grrr !!!

000410_002    Le jeune homme de l’accueil parle français avec un léger accent et quelques pannes de vocabulaire. Il est le fils de la maison et sa maman, plutôt « classe », parle impeccablement notre langue. Nous sommes au « Résidential polycarpo », un hôtel aménagé dans un ancien couvent, en plein centre d’Evora, dans une petite rue pavée où ne circule aucune voiture. La ville est classée au patrimoine mondial de l’Unesco. Le guide annonce : petit temple romain, muraille médiévale intacte, magnifique cathédrale, palais et innombrables églises de toutes les époques, chaque période de l’histoire du pays y est représentée. Il pleut sur la ville et les promenades sont compromises.

Mais Evora dispose d’une autre particularité sous la forme de longues arcades qui abritent des vitrines. Quel bonheur, surtout quand la douche est permanente et que le vent empêche tout usage correct d’un parapluie. Tiens, à propos, le parapluie ! C’est un outil qui tend à disparaître par chez nous, mais qui reste fort en usage là-bas. Après un petit dîner sympa dans un restaurant de la vieille ville nous rentrons nous endormir entre les murs plusieurs fois centenaires, qui ont résonnés des prières dévotes de moines ou de sœurs reclus.

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18 mars 2002

Lundi 18 mars

Je me réveille de bonne heure et l’eau chaude a du mal à arriver jusqu’à la salle de bain. Ensuite, nous prenons notre petit déjeuner dans une très jolie pièce voûtée au plafond de briques disposées en épis. Des pierres apparentes, mises en valeur par un éclairage, appartiennent, nous dit-on, à un mur d’enceinte très ancien. Du balcon de la chambre, un bloc monolithique de marbre, nous pouvons apprécier la diversité des toits de la vieille ville qui descend mollement vers la plaine. Les nuages gagnent de l’altitude et nous partons pour Lisbonne.

000411_002Il est dix huit heures trente et nous sommes tombés dans les bras des fauteuils de la « Vela Latina », un bar situé près du port de plaisance, au pied de la tour de Belem. Nous avons atterris là après avoir pris le tram numéro quinze. Avant nous avions arpenté des rues couvertes de petits pavés de marbre crème incrustés de motifs de marbre noir. Il nous a fallu gravir des rues en pentes, longer des façades décorées de carrelages qui alternent avec d’autres aux murs rongés et délabrés. Dans cette ville, tout est aligné, tout est de travers, mais tout est humain. De la plaça do comerçio, une patte féline a tracé cinq longues griffures qui vont droit vers le Tage. Autour de ce cœur au carré, une ville escalade les collines et nous offre des quartiers grouillant de vie. Notre hôtel est tout près de cette grande place et nous permet des visites de jour comme de nuit sans avoir besoin de prendre la voiture.

On peut aussi choisir de grimper dans les rues hautes de la colline, car000411_007 l’élévadores da Gloria gravit la ruelle juste à côté. Mais il nous a d’abord fallu entrer dans Lisbonne à l’américaine, en traversant l’embouchure du Tage par l’imposant pont suspendu du 25 de abril . On laisse à droite la statue du Christo Rei. C’est un bloc de béton surmonté d’une croix qui n’offre d’intérêt que par son emplacement. La vue y est imprenable sur la ville, l’estuaire et, plus à l’est, le nouveau pont Vasco de Gama.

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19 mars 2002

Mardi 19

 

Après le petit déjeuner nous partons visiter l’Alfama. On s’y promène, le nez en l’air, et les mains dans les poches. C’est un lieux de flânerie. On découvre de loin en loin des placettes, et parfois, au détour d’un bloc, un petit restaurant, une taverne, où le soir venu, des amateurs viennent chanter le fado. C’est dans l’un deux que nous avons déjeuné. La patronne parle un français impeccable. Il faut dire qu’elle est parisienne et son poisson est un régal.

000412_004Si cette matinée nous a rapprochés du ciel et des créneaux de la citadelle, l’après midi s’est passé au ras des vagues avec la visite de l’aquarium consacré aux animaux marins des trois océans : atlantique, pacifique et indien. Très bonne idée que cette immense bocal que l’on découvre en partant du haut et que l’on désescalade au fur et à mesure que l’on s’approche de la sortie. On peut ainsi voir les espèces qui vivent à des profondeurs différentes. Nous finirons cette journée par notre traditionnelle visite à un supermarché. Ici, c’est Continent.

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20 mars 2002

Le 20 Mars

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Ce matin, il fait grand beau. Nous sommes le 20 mars et c’est par la visite d’un fabuleux monastère, celui de Jéronimos que nous quittons Lisbonne. Un cloître magnifique conçu par un architecte français, avec une nef à la voûte somptueuse. Quand on pense que cet ensemble qui ressemble à un défi à la gravité, a résisté à un tremblement de terre qui a détruit une partie de la ville ! Plus loin, sur la route, un phare m’attend. Cabo da Roca, 38°47’ Nord, 9°30’ Ouest. Je suis à l’extrémité la plus occidentale du continent européen. Ici finit la terre pour faire place à l’eau jusqu’à l’horizon. A nos pieds, des bancs de brume lèchent la falaise et nous cachent les vagues qui viennent exploser sur les rochers. Spectacle un peu hallucinant, presque surnaturel. Une photo pour immortaliser l’instant. Après Gibraltar et Istambul, il ne me reste plus que le cap Nord et j’aurai fait le tour de mon vieux continent.

 

L’après midi, par une petite route forestière nous nous enfonçons un peu à l’intérieur à la rencontre d’un extravagant château appelé Palàcio da Pena, figure emblématique de tous les guides du Portugal. On se croirait au pays des fées. Le château est fait d’un mélange de styles très différents les uns des autres, tant du point de vue architecture que du pointSintra_chateau de vue mobilier et décoration. Ma pièce préférée reste la cuisine avec des murs sobres et des voûtes sans fioritures. Nous revenons par Sintra et nous mettons le cap sur la côte. En passant par praïa das Macas puis Azenhas do Mar, enfin Ericeira. Hélas, le village est prisonnier d’une épaisse couche de brume surgit de la mer. Il y fait nuit avant la nuit et la sirène aide les marins à rentrer. Nous sommes terriblement déçus. Nous revenons sur nos pas pour passer la nuit à Mafras. Les chambres donnent sur une rue suffisamment bruyante pour que la nuit soit courte et de médiocre qualité, mais le lendemain nous pouvons jeter un œil au Palacio et Convento de la ville. On y a tourné de nombreux films et entre autres « la reine Margot ». La jeune fille de l’hôtel nous apprend qu’en ce moment même Gérard Depardieu y tourne un remake de Volpone.

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