Il ne fait toujours pas beau mais nous décidons de revoir la ville à la lumière. Nous découvrons une grosse bourgade fort sympathique qui a conservé un château fort et des murs d’enceinte en très bel état. On y aperçoit une foule de clochers et de tours où nichent des cigognes. Un champ de fleurs jaunes posé aux pieds du château qui surplombe la ville me donne l’occasion d’une photo. Il y manque le bleu du ciel.
 Mais il faut vite repartir car le programme est chargé.

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    A onze heures, nous quittons l’Espagne, à dix heures, nous entrons au Portugal. Et hop ! Une heure de gagnée sans courir. Vive le décalage horaire. Dans une semaine, ce sera moins drôle. La frontière franchie sans même ralentir (vive l’Europe), notre première étape touristique nous attend avec la visite d’Elvas. Ville fortifiée, elle possède un aqueduc énorme et curieusement réalisé avec des coudes à angle droit. Il est construit sur plusieurs niveaux et enjambe une vallée profonde avant de remonter très loin vers la source qui l’alimente. Mais sur une des places du village nous attendait une macabre découverte. J’en connaissais le nom, l’usage, la formule, mais je n’en avais jamais vu un. Et je peux assurer que ce devait être particulièrement inconfortable, pour ne pas dire mortel, d’être suspendu aux crochets d’un pilori, exposé à la vindicte populaire, pour reprendre l’expression du guide.
    Vila-viçosa est une autre ville fortifiée sur notre route. Nous faisons le tour de ses remparts qui nous offrent de très belles vues sur les rues et les toitures. On aperçoit des églises comme s’il en pleuvait, et il pleut. Ciel gris, nuages bas, mélancolie assurée. La saudade commencerait-elle déjà ? Evoramonte sous la pluie, Estrémoz, on déjeune. Premier repas au Portugal. A conta, se faz favor ! La télévision montre des images d’inondations, de ponts emportés, de voitures englouties. Pendant ce temps là, sur les guides touristiques, les articles nous vantent la beauté des villages aux maisons blanches écrasées de soleil. Grrr !!!

000410_002    Le jeune homme de l’accueil parle français avec un léger accent et quelques pannes de vocabulaire. Il est le fils de la maison et sa maman, plutôt « classe », parle impeccablement notre langue. Nous sommes au « Résidential polycarpo », un hôtel aménagé dans un ancien couvent, en plein centre d’Evora, dans une petite rue pavée où ne circule aucune voiture. La ville est classée au patrimoine mondial de l’Unesco. Le guide annonce : petit temple romain, muraille médiévale intacte, magnifique cathédrale, palais et innombrables églises de toutes les époques, chaque période de l’histoire du pays y est représentée. Il pleut sur la ville et les promenades sont compromises.

Mais Evora dispose d’une autre particularité sous la forme de longues arcades qui abritent des vitrines. Quel bonheur, surtout quand la douche est permanente et que le vent empêche tout usage correct d’un parapluie. Tiens, à propos, le parapluie ! C’est un outil qui tend à disparaître par chez nous, mais qui reste fort en usage là-bas. Après un petit dîner sympa dans un restaurant de la vieille ville nous rentrons nous endormir entre les murs plusieurs fois centenaires, qui ont résonnés des prières dévotes de moines ou de sœurs reclus.