Je me réveille de bonne heure et l’eau chaude a du mal à arriver jusqu’à la salle de bain. Ensuite, nous prenons notre petit déjeuner dans une très jolie pièce voûtée au plafond de briques disposées en épis. Des pierres apparentes, mises en valeur par un éclairage, appartiennent, nous dit-on, à un mur d’enceinte très ancien. Du balcon de la chambre, un bloc monolithique de marbre, nous pouvons apprécier la diversité des toits de la vieille ville qui descend mollement vers la plaine. Les nuages gagnent de l’altitude et nous partons pour Lisbonne.

000411_002Il est dix huit heures trente et nous sommes tombés dans les bras des fauteuils de la « Vela Latina », un bar situé près du port de plaisance, au pied de la tour de Belem. Nous avons atterris là après avoir pris le tram numéro quinze. Avant nous avions arpenté des rues couvertes de petits pavés de marbre crème incrustés de motifs de marbre noir. Il nous a fallu gravir des rues en pentes, longer des façades décorées de carrelages qui alternent avec d’autres aux murs rongés et délabrés. Dans cette ville, tout est aligné, tout est de travers, mais tout est humain. De la plaça do comerçio, une patte féline a tracé cinq longues griffures qui vont droit vers le Tage. Autour de ce cœur au carré, une ville escalade les collines et nous offre des quartiers grouillant de vie. Notre hôtel est tout près de cette grande place et nous permet des visites de jour comme de nuit sans avoir besoin de prendre la voiture.

On peut aussi choisir de grimper dans les rues hautes de la colline, car000411_007 l’élévadores da Gloria gravit la ruelle juste à côté. Mais il nous a d’abord fallu entrer dans Lisbonne à l’américaine, en traversant l’embouchure du Tage par l’imposant pont suspendu du 25 de abril . On laisse à droite la statue du Christo Rei. C’est un bloc de béton surmonté d’une croix qui n’offre d’intérêt que par son emplacement. La vue y est imprenable sur la ville, l’estuaire et, plus à l’est, le nouveau pont Vasco de Gama.