23 mars, le matin. Nous mettons le cap sur Madrid qui va encore nous causer des petits soucis pour l’éviter. Toujours pas trouvé la bonne piste, même en suivant les flèches. Pas Pien Grégoire, pas Pien ! Ensuite Saragosse où l’on déjeune sous la houlette d’une serveuse qui n’a sans doute jamais ri. Pas une ride, pas un frisson, juste une gueule à tourner dans un film d’horreur. On mange ce qu’elle veut bien nous apporter. Ensuite Barcelone, Figueras avec le musé Dali, le Perthus, Montpellier, Nîmes pour dîner dans une cafétéria, puis Valence, et enfin Grenoble. Il est 23 heures. Tout s’est bien passé et Jean-Luc commence déjà à réfléchir au prochain voyage.

C’était mon premier voyage depuis que l’Europe a passé le cap de la monnaie unique. J’avais conscience de l’importance d’une telle mutation, mais je n’imaginais pas que je la ressentirais avec une telle force. Oh, il ne s’agit pas d’une révélation, d’un grand moment de bonheur, d’une jubilation. Non, rien de tout ça mais, il se trouve soudain une foule de petits instants où l’on prend soudain la mesure de l’unité, le secret pouvoir d’être enfin un peu plus chez soi où que l’on aille. Comparer les prix, reconnaître la monnaie, se comprendre au delà de la langue, c’est peut-être par là que tout peut commencer. Qui l’eût crû. Le pouvoir de l’argent serait-il donc capable un jour de réunir les hommes au lieu que de les diviser ? Attention tout de même de ne pas devenir aussi méprisant et méprisable que les pollués du billet vert.000415_001
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et voilà la belle équipe…sur les muraille de Mafras.